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Donner une âme aux bâtiments vides

Pour le moment, les activités se déroulent un peu à l’abri des regards. Aucun panneau n’indique au non-initié que les bâtiments vides du 152 rue des Goujons à Anderlecht sont une véritable fourmilière dans laquelle artistes, étudiants, skateurs ou apprenants en informatique se croisent tous les jours. Et pourtant, en attendant que Citydev y développe son projet d’école et de logements, une vie s’installe.

A l’origine, il s’agissait d’une usine de textile. Voici dix ans, l’entreprise fait faillite et abandonne les 20.000 m² situés entre la rue des Deux Gares et celle des Goujons à Anderlecht, un quartier où les promeneurs se font rares malgré la proximité de la gare du Midi. Voici deux ans, Citydev, la société de développement régionale, rachète le site comme d’autres bâtiments dans la zone de manière à mener le projet Citygate. En tout, il s’agit de 90.000 m² à développer en trois phases. La première concerne l’avenue Kuorn et la construction d’une centaine de logements. Viennent ensuite l’îlot de la rue Marchandises avec également une centaine de logements, du commerce, des lieux d’accueil pour la petite enfance puis l’îlot dit Goujons avec également des logements conventionnés ainsi qu’une maison médicale. Citydev s’apprête à lancer un marché commun avec la SLRB (société régionale du logement).

Pour Citygate II, les échéances sont plus lointaines. « On ne fera rien sur le site avant 5 ans si tout se passe bien au niveau des permis, explique Benjamin Cadranel, administrateur général de Citydev. Cependant, ce n’est pas pour cela que le site doit rester vide. Je pense que nous avons une réelle opportunité grâce au principe de l’occupation précaire. Nous pouvons ainsi sécuriser les lieux grâce à une activité, éviter la taxe sur les lieux inoccupés tout en aidant certains projets à se lancer. En plus, si le public connaît l’endroit, il sera ensuite plus facile de vendre les emplacements et les logements. Et puis, cela montre que Bruxelles est dynamique et créative. »

Pour cette première expérience, Citydev a décidé de laisser la gestion de l’ancienne usine à Entrakt. Cette société offre des solutions pour tous les immeubles inoccupés. Depuis quelques années, ils gèrent un autre site à Gand. En réalité, la structure chapeaute toutes les activités même si Citydev garde un droit de regard sur les occupants. Évidemment, rien n’est fait sans les autorisations des pompiers ou de Bruxelles Environnement, ce qui n’est pas toujours évident à obtenir pour un immeuble pollué. « Il nous a fallu un an pour pouvoir accueillir les premiers occupants, explique Dries Vanneste, directeur d’Entrakt. Nous avons par exemple dû batailler avec Sibelga pour obtenir un compteur. Il a fallu remettre le courant et des sanitaires. Il nous manque encore un coin Horeca car à terme, plus de 300 personnes travailleront quotidiennement ici. Et il faut encore ajouter les visiteurs. »

Le projet est connu sous le nom de Studio CityGate (www.studiocitygate.be). Les équipes voient cela comme une ruche créative avec 30 % d’activités culturelles, 24 % de social, 24 % d’activités économiques et 22 % d’équipements collectifs. Chacun développe son projet mais les interactions sont les bienvenues. « Nous sommes l’étape avant la pépinière » , ajoute Dries Vanneste. « Et nous espérons que lorsque l’occupation prendra fin, certains projets pourront trouver un autre nid dans nos centres pour PME » , complète Benjamin Cadranel.

En attendant, les premiers occupants apprivoisent les lieux comme ces artistes du projet « L’Ambassade ». Ce collectif propose aujourd’hui une exposition sur le thème de l’éphémère. Cinq artistes ont été sélectionnés par une étudiante des Beaux-Arts pour leur travail sur la matière et particulièrement le plâtre. Ils ont tous réalisé leur installation in situ et joue sur cet espace incroyable.

Dans une autre salle, on découvre les vestiges d’un décor de cinéma puis des machines industrielles. Un fablab a aussi pris possession des lieux, tout comme un atelier partagé pour artistes. Dans une autre petite salle, les formateurs de BeCode coachent des demandeurs d’emploi, des étudiants et des seniors pour devenir web developper. La formation est gratuite en partenariat avec Bruxelles Formation et dure six mois.

Quant au rez-de-chaussée, on retrouve un skate park. L’association en est à sa troisième occupation précaire et espère pouvoir rester au moins trois ans. Sa convention peut être rompue à tout moment mais contient un préavis de trois mois. D’autres projets sont encore en attente de validation en attendant l’ouverture officielle qui aura lieu le 13 juin.

VANESSA LHUILLIER

Source : Le Soir/Bruxelles-Brabant, Mer. 07 jui. 2017, Page 32

 

Source : bx1.be

07 Juin 2017

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